Groupe Nancéien AntiPub !

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mardi 5 décembre 2006

La publicité : une belle arnaque !

La publicité nous influence-t-elle ?

Comme une majorité des français, vous pensez que la pub ne manipule que les autres ? (73 % des gens pensent que la publicité incite les consommateurs à acheter les produits présentés et 63% des mêmes gens pensent que la pub n'a aucune influence sur eux [1].

Pourtant :

  • Nous subissons environ 3000 messages publicitaires par jour.
  • La pub est partout : murs, vêtements, abribus, télé, radio, véhicules, rues, etc. (À moins de se crever les yeux, impossible de ne pas voir les affiches publicitaires.)
  • Le budget de la publicité en France en 2005 représente 32 milliard d'euros (un budget équivalent à celui de l'armée).
  • Seuls ceux qui ont de l'argent peuvent se payer une campagne publicitaire.
  • Les publicitaires connaissent mieux le consommateur que lui-même, par le biais d'enquêtes, d'études psychologiques et sociologiques. Ils sont formés à l'art de la manipulation alors que le reste de la population n'est pas préparé à la repérer et à se défendre.

La publicité a sur nos comportements un effet que nous sous estimons à tort. Oui, la pub crée de faux besoins : Rappelez-vous du dernier gadget à la con ou d'un film minable que vous n'auriez pas été voir sans la pub.



Quelles sont les techniques des publicitaires ?

Entrenir la frustration

Un individu heureux étant forcément moins consommateur (à quoi sert d'acheter puisque ce que j'ai actuellement suffit à mon bonheur), le travail des publicitaires est de frustrer pour engendrer l'acte d'achat. La majorité des publicités tourne autour de ce concept, très simple : nous serions tellement heureux si seulement nous achetions ce produit ! Seulement l'achat ne satisfait finalement que très peu, et il faut vite penser au suivant, toujours en espérant que ce rêve éphémère change réellement notre vie...

Nous prendre pour des cons

« Keep them simples and stupids » [2] , « Les consommateurs sont comme des cafards » [3] , « Nous savions que la publicité ciblait les imbéciles. Je découvre que ça marche aussi auprès des abrutis profonds » [4] , etc. Toutes ces citations véridiques ! proviennent de publicitaires.

Nous matraquer

Panneaux surdimensionnés, affiches recouvrant tout un immeuble, 10 pubs identiques à la suite, tunnel publicitaire de 15 minutes à la télévision etc. Sans se soucier une seule seconde de notre bien être et de notre cadre de vie, les publicitaires appliquent à merveille le mot d'ordre d'Adolf Hitler : « Toute propagande efficace doit se borner au strict indispensable, puis s'exprimer en quelques formules stéréotypées. Seule la répétition constante réussira finalement à graver une idée dans la mémoire d'une foule ». [5]


La publicité est-elle de l'information ?

La pub masque la réalité du monde, elle sert à faire oublier que beaucoups de produits (Nike et la quasi-totalité des vêtements fabriqués en Asie par exemple) sont fabriqués dans des conditions déplorables par des esclaves modernes. Elle permet également de faire oublier que telle ou telle entreprise est responsable d'une catastrophe écologique, humanitaire ou économique (Total et ses plages noires, Nestlé et son lait en poudre, Le Crédit Lyonnais et ses milliards de dettes...)

La publicité n'est pas objective : À quoi sert un avis biasé ? La publicité n'est pas un moyen de communication, puisque le message est à sens unique. Pour se tenir réellement informer, utilisons le bouche à oreille, les guides de consommateurs, notre propre bon sens, etc.


La pub est inattaquable car elle crée des emplois !

Imaginons un instant un monde sans pub (on peut toujours rêver) : les milliards d'euros qui lui sont consacrés continueront de toute façon à circuler, ailleurs : les entreprises baisseraient par exemple le prix de leurs produits et investiraient d'avantage dans l'innovation.

Certes la publicité donne des emplois. De la même manière, l'insécurité routière donne du travail aux carrossiers, aux garagistes, aux assureurs, aux médecins, aux vendeurs de prothèses, de cerceuil, de chaises roulantes, etc... Doit-on promouvoir les accidents pour autant ? La prévention routière et la limitation de la publicité, si elles suppriment des emplois, permettent également d'améliorer les conditions de vie de la population.


La publicité est-elle dangereuse ?

  • La pub n'a aucune morale : Qu'une marchandise soit utile ou inutile, polluante ou non, nuisible ou non, du moment que l'annonceur paye, la publicité en fera la promo.
  • La pub pousse à la surconsommation : Alors que notre mode de vie représente un grave danger écologique, on nous incite à polluer encore plus. Par exemple on peut voir une pub pour une voiture à chaque coin de rue ! Sans compter les milliers de tonnes de papier, des milliers de litres de colle et surtout d'encres toxiques sont ainsi gaspillés pour... vous expliquez que vous devez absolument posséder cette paire de baskets ou que ce déodorant fera tomber toutes les filles à vos pieds.
  • La pub formate nos enfants, qui ne sont pas en mesure de distinguer une publicité, d'une histoire ou d'une information. Les panneaux publicitaires entrent dans les cours de récrés, les manuels scolaires contiennent des références à des marques, les kits pédagogiques sont "généreusement" offerts par des entreprises... Veut-on faire des enfants des individus intelligents et autonomes ou de dociles consommateurs ?
  • La publicité est un danger pour la liberté de la presse : Elle contrôle les médias en les finançant, en tout cas elle les empêche de parler de toute affaire génante concernant un gros annonceur.
  • La publicité nuit à la démocratie : En réduisant toute pensée à un simple slogan, il ne s'agit plus de convaincre par la justesse de ses arguments et de ses projets, mais de se faire voir le plus possible. La grande majorité des partis politiques font d'ailleurs désormais appel aux publicitaires.
  • La pub propage des idéologies néfastes : Culte de l'apparence, compétition, sexisme, etc. Se battre pour une société plus juste, plus égalitaire, où chacun pourrait vivre sans se soucier du regard de l'autre, c'est aussi se battre contre tout ce qui véhicule ces stéréotypes, donc, en partie, la publicité.
  • La publicité contre l'esprit de révolte : L'esprit de révolte, c'est se poser sans cesse la question d'une meilleur société, c'est trouver des solutions en sortant du cadre, en explorant d'autres modes de vies. La publicité, avec son discours uniformisateur, massificateur, stigmatise les marginaux et nous pousse à ne se révolter qu'en choisissant une marque "alternative" plutôt qu'une autre.




Résistons !

Pourtant la publicité n'est pas indispensable. Elle fait de l'espace public un espace marchand. Pourquoi autant de place réservée aux commerces et pas d'avantage aux artistes, aux associations, aux individus ? Il est temps de placer l'Humain, et non l'Économie, au centre de nos vies !

Par la mobilisation, la manifestation, le boycott, etc., exprimons notre hostilité à la publicité et aux entreprises qui l'utilisent et établissons un rapport de force suffisant pour inverser la tendance.

Notes

[1] Enquête TNS Sofres - Octobre 2005 - Influence de la publicité

[2] « Keep them simple and stupid and they'll become good consumers » (traduction : « Gardez-les simples et stupides et ils deviendront de bons consommateurs ») Bill Benbach, patron d'une agence de pub, rapporté par France Inter le 7 février 2005

[3] « Les consommateurs sont comme des cafards - on les asperge, on les asperge et, au bout d'un moment, ils sont immunisés. », publicitaire cité par Naomi Klein dans "No Logo"

[4] « Nous savions que la publicité ciblait les imbéciles. Je découvre que ça marche aussi auprès des abrutis profonds. », Philippe Geluck, illustrateur pour publicités

[5] « Toute propagande efficace doit se borner au strict indispensable, puis s'exprimer en quelques formules stéréotypées. Seule la répétition constante réussira finalement à graver une idée dans la mémoire d'une foule », Adolf Hitler, Mein Kampf (voir Aldous Huxley "Retour au meilleur des mondes")

Les prospectus : un gaspillage monumental !

Un moyen simple de réduire ses déchêts : Refuser les prospectus publicitaires

D'après l'ADEME :

  • 1 million de tonnes d'imprimés sans adresse sont distribués dans les boîtes aux lettres chaque année.
  • = 40 kg par foyer ou 17 kg/habitant.
  • = 5% du poids des poubelles des Français. (17 kg / 360 kg par habitant et par an)
  • = 35% du tonnage de papiers impression-écriture fabriqué chaque année en France.

Répartition en poids des imprimés sans adresse :

  • Publicités grandes surfaces : 58 %
  • Journaux gratuits d'annonces : 18 %
  • Publicités commerce local : 14 %
  • Publications des collectivités locales : 5 %
  • Autres (banques, assurances, VPC, associations, artisanat, etc.) : 5 %

Les principaux diffuseurs d'imprimés gratuits sont le Groupe La Poste (La Poste en rural et Mediapost en urbain) et Adrexo. Le reste se partage entre des petits diffuseurs locaux.

Une nouvelle convention collective, entrée en vigueur le 1er juillet 2005, a été adoptée par la profession pour assurer aux personnes qui distribuent une rémunération plus régulière qui ne soit pas directement liée au nombre de prospectus distribués. Votre autocollant « pas de pub » ne baissera pas leur rémunération.

L'autocollant ne concerne que les imprimés non adressés.

Si 15% des foyers refusent de recevoir les imprimés publicitaires distribués dans leurs boîtes, c'est déjà 150 000 tonnes de papier économisées et 150 000 tonnes de déchets en moins à traiter.




Qui paie la publicité gratuite ?

Pour le « consommateur » :

Le coût de la publicité, sous toutes ses formes, est systématiquement répercuté sur le prix de nos achats. Chacun de nous paye ainsi, en moyenne, 500 euros par an pour rembourser les investissements publicitaires des entreprises, dont 62 euros pour les seuls prospectus !

Pour le « contribuable » :

Le coût de la collecte et du traitement de ces déchets est inclus dans le montant des taxes locales. Ces prospectus publicitaires, que l'on dit « gratuits », représentent en réalité une charge de l'ordre de 110 millions d'euros par an pour la collectivité. Pour une ville de 100 000 habitants, leur traitement représente une dépense de 250 000 euros par an. Pour combien de temps encore la population estelle prête à verser de telles sommes pour continuer à recevoir ces montagnes de papier ?


Quelques solutions individuelles:

La publicité adressée :

  • Renvoyer à l'expéditeur sans ouvrir et sans timbrer, après avoir rayé votre nom et marqué «refusé» sur l'enveloppe.
  • Écrire éventuellement à la société qui vous dérange pour lui demander d'arrêter.
  • Saisir la C.N.I.L. 21, rue Saint Guillaume 75 340 Paris Cedex 07

La publicité déposée :

  • Apposer sur votre boîte un autocollant exprimant votre refus. (Vous pouvez trouver cet autocollant auprès de nous, ou de votre mairie ou de l'ADEME ou en fabriquer un vous-même.)
  • Renvoyer la publicité dans une enveloppe sans timbre à la société vantée par le prospectus ou le catalogue (il y a forcément une adresse).
  • Déposer dans les boîtes de la Poste ce qu'elle a déposé dans la vôtre.
  • Écrire à votre receveur pour lui demander d'épargner votre boîte.
  • Signer et faire signer la pétition «Pas de publicité dans ma boîte aux lettres», disponible auprès de R.A.P (Résistance à l'Agression Publicitaire).



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